LA CASTATROPHE DE LA VALEUR : L’IDENTITE KANAK ?

LA CASTATROPHE DE LA VALEUR : L’IDENTITE KANAK ? ALIBI DE
DOMINATION ?

 

Vers les années 1998-1999 un steward en mal de notoriété,
président d’un mouvement écologiste, réussit à persuader des notables
politiques et coutumiers KANAK indépendantistes, de soutenir son projet de
faire inscrire l’ensemble des récifs calédoniens sur la liste du Patrimoine
mondial de l’UNESCO. En insistant, que Jacques LAFLEUR, ce qui reste encore à
prouver, s’opposait à cette inscription parce que celle-ci entrainerait automatiquement
la protection juridique internationale de notre système récifale. De bonne foi,
le Sénat Coutumier lu donna son soutien, jusqu’à le faire accompagner par des
Sénateurs, censés représenter l’identité KANAK, au « Sommet de la
Terre » à Johannesburg.

En aout 2001, à Nouméa, deux experts en zoologie et biologie
marine, Mrs Bertrand RICHER de Forge de l’I.R.D et Bernard CHAUVET de l’U.N.C
(Université de la Nouvelle-Calédonie) lors d’un séminaire sur le thème
« Les récifs calédoniens sont-ils en péril ? » conclurent leurs
interventions de la manière la plus claire : l’inscription de nos récifs
au Patrimoine de l’UNESCO est une chose, leur protection et leurs conservations
sont tout à fait autre chose. Ce qui n’empêcha pas notre écologiste de continuer
à faire croire le contraire.

L’inscription d’une partie du système récifale calédonien au
Patrimoine de l’UNESCO, relève d’autant plus d’une stratégie de markéting
politique et financière, qu’elle était soutenue à grand bruit, par les plus
gros pollueurs du pays, à savoir les sociétés minières. Stratégie rodée, qui
consiste pour les multinationales à s’alarmer hypocritement à grand bruit, des
catastrophes écologiques et humains dont ils sont à la fois les responsables et
les  principales bénéficiaires. Car cela
ne les a pas empêchées de faire obstacle à l’application en Nouvelle-Calédonie
du protocole de Kyoto relative à la limitation des émissions de CO2,
responsable de l’élévation du niveau de la mer. Pour l’heure, malgré
l’élévation du niveau de la mer constatée à Ouvéa, nos sociétés minières
continuent de fonctionner au charbon comme si de rien n’était, et de faire du
citoyen calédonien l’un des plus grand producteur de CO2 du monde.

En juillet 2008, une partie des récifs calédoniens fut
inscrite sur la liste du patrimoine mondiale de l’UNESCO. Peu de temps après
cet événement, des pêcheurs professionnels allèrent, pêcher les holothuries et
une compagnie de charter faire du tourisme sur le site UNESCO n°6 des atolls
d’Ouvéa et de Beautemps-Beauprés inscrit au patrimoine mondial, à la grande
colère des autorités coutumières d’Ouvéa, qui croyaient que cette inscription
entrainaient automatiquement la reconnaissance internationale de leur droits
traditionnels sur ces atolls et lagons.

Depuis que les tribus sont devenues des lieux de développement,
abuser de la bonne foi « des responsables coutumiers » pour en faire
des complices malgré eux d’opération commerciales et financières contraires à
l’intérêt de ces tribus est devenu une pratique courante. De nombreux exemples
le montrent.

En 1999, les chiffres de la démographie médicale se
rapportant au nombre de médecins par habitants plaçaient les communes de la
Province des Iles, derrière celles de Nouméa, Bourail, et de la Foa, mais
devant Mont-Dore, et devant toutes les communes du Territoire. Ces chiffres
plaçaient également la Province des Iles devant la Province Sud (hors Nouméa)
et la Province Nord.

Normalement, la démographie médicale est liées à la
situation socio-économique ; plus une population a une capacité
contributive (paiements des impôts) plus cette population aspire à un niveau
d’équipement sanitaire élevé, cet équipement étant financé par les prélèvements
sociaux. C’est le cas de Nouméa ou de Paris. Par contre aux Iles Loyauté, le
niveau d’équipement sanitaire est élevé, mais la population n’a pas de capacité
contributive ; ce qui veut dire que c’est la P.I.L – et on ne peut que la
féliciter – qui se substitue aux prélèvements sociaux. A l’époque 63.6 %  de la population dépendait de l’Aide Médicale
alors que cette proportion n’était que de 17.9 % à la Province Sud.

Avant la provincialisation, les médicaments étaient achetés
en « gros à Nouméa », et placés ensuite dans les Centres Médicaux en
tribus qui les donnent gratuitement aux malades. Après, des officines de
pharmacies privées sont venues s’installer aux Iles, avec l’accord des
chefferies, persuadées de participer à la modernisation de notre système de
santé. Et comme le la loi, dans un rayon de 20 KM à partir de la pharmacie, la
distribution gratuite de médicaments n’est pas autorisée. Cela fait que le
médecin en visite dans les centres médicaux, délivre des ordonnances à des
malades qui après, par leurs propres moyens, font soit 30 à 40 KM (aller et
retour) pour acheter les médicaments prescrits. Il s’en suit que de 1994 à 1999
les dépenses de médicaments ont explosé de 150 %, non pas parce que les gens
des Iles en consomment plus, mais à cause des marges que se prennent les
pharmacies… dans le respect à la fois de la coutume de et de la loi française.
La situation n’a pas changé depuis.

Dans le domaine de la santé, le nombre de bénéficiaire de
l’Aide Médicale Gratuite à la Province des Iles est passé de 10 368
en  2007 à 8 773 en 2010,  soit une diminution de – 15 %, mais pour la
même période des dépenses par bénéficiaires sont passées de 163 174 à
270 687, soit une augmentation de 39.3 %. Pour la conseillère du
gouvernement Mme ROBINEAU, la suppression du système de pro-pharmacie ne
permettant plus à une population majoritairement non-solvable, de se fournir
directement et gratuitement en médicaments dans les Centres Médicaux
Provinciaux mais seulement dans les pharmacies privées éloignées par obligation
légale, est une cause importante de l’augmentation des dépenses de santé. Au
surplus, il n’été relevé que 30 % des prescriptions ne sont plus honorées, car
du fait de l’éloignement, les personnes ne se déplacent pas pour acheter les
médicaments prescrits.

La plupart des grands chefs et des chefs de clan sont
foncièrement honnêtes et soucieux du bien être des habitants de nos
tribus ; mais le grand danger aujourd’hui est que des affairistes et
politiciens corrompus, abusent subtilement de cette honnêteté pour faire de nos
coutumiers des alliés malgré eux, d’une mainmise extérieure sur tous les domaines
d’activité de la vie KANAK (économique, culturel, coutumier, social,
médicinale, …). Métamorphosant de ce fait l’identité KANAK, en alibi de
domination.

La lutte contre la « vie chère » aux Iles Loyauté,
offre un exemple sans équivoque, d’une
utilisation de la bonne foi des coutumiers, pour assoir la domination
d’une société d’assurance et du grand commerce sur la P.I.L.

Alors qu’à l’appel d’un intersyndicale, en 2011 à Nouméa,
plus de 20 000 défilaient contre la vie chère, pour dénoncer l’absence
d’une loi anti-trust, la non taxation des transactions financières, les énormes
marges que se font les grandes surfaces commerciaux, et les taux de
profitabilité élevés pratiqués par les banques et les assureurs en
Nouvelle-Calédonie par rapport à ceux pratiqués en Métropole… à Lifou un
collectif des usagers d’Air-Calédonie menés par le représentant local de
l’assureur GROUPAMA et par un puissant commerçant de l’Ile, appelaient de leur
coté à lutter aussi contre la vie chère, mais en faisant porter la responsabilité
de celle-ci au Conseil d’Administration d’Air-Calédonie : les prix du
billet d’avion et le manque de politique sociale.

Cette démarche du collectif des usagers, soutenue par des
élus indépendantistes, est d’autant plus trompeuse que les prix du billet d’avion
sont fixés par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et que le social est de
compétence de la Province et non du C.A. d’Air-Calédonie. Profitant de la
méconnaissance des gens des Iles de ce qu’est réellement la société d’Air-Cal,
il réussit facilement à les mobiliser contre la compagnie et à obtenir  le soutien des grands chefs, persuadés une
fois encore de défendre une bonne cause. Dans ce contexte, s’opposer au
collectif des usagers revenait coutumièrement à s’opposer aux grands chefs.

Pour information, GROUPAMA est le 4ième assureur
Français et le 15ième d’Europe. Il sponsorise les grandes équipes de
football de l’Olympique de Marseille et de handball de Montpelier. Il ne paye
pas d’impôts en Nouvelle-Calédonie alors qu’en 2011 il y a fait 7 milliards de
chiffre d’affaires.  Il est le partenaire
privilégié, sinon exclusif de la Province et des communes des Iles, de plus,
son représentant est également le Président du Conseil d’Administration de la
Case de l’Entreprise : une officine provinciale chargée d’aider à la
gestion des PME/PMI et des structures de développement. Autant dire que cet
assureur n’est pas honnêtement le mieux placé pour lutter contre la vie chère
et la pauvreté, auxquelles par ailleurs il contribue.

A sa demande, le collectif des usagers de Maré, composé
majoritairement des plus nantis de l’Ile vit le jour, avec à sa tête un
commerçant très en vue. Comme pour Lifou, le collectif des usagers de Maré se
servit des grands chefs pour faire chuter le Conseil d’Administration d’Air-Calédonie
présidé par N.NAISSELINE, également grand chef de GUAHMA de religion
protestante. Ce qui explique pourquoi, ce sont les chefferies catholiques de
Maré qui donnèrent leur caution au mouvement propulsé par le représentant de
l’Assureur GROUPAMA, et pourquoi même après avoir provoqué 4 morts et 31
blessés, ce mouvement continua comme si rien de grave ne s’y était passé.

Ainsi, fin de l’année 2012, GROUPAMA décidait de faire
entrer 3 Maréens dans sa section Iles Loyauté ; furent alors choisies, des
personnes impliquées, d’une manière ou d’une autre dans les événements du 5 et
6 aout 2011.

De même, peu de temps après ce drame, il accorda 5 Millions
de francs de dédommagement à la SARL KAEWAJEKOL, au motif que sa boulangerie a
été « brulée et saccagée suite aux événements de Maré », or celle-ci
n’a jamais été saccagée. La particularité de cette SARL, est qu’elle appartient
à la famille du président du collectif des usagers, dont certains frères,
armés, étaient très actifs dans l’embuscade du 6 aout 2011.

L’objectif visé à travers tout cela par les puissances
d’argent avec la complicité de politiciens corrompus, est la privatisation et
le contrôle des moyens de transport tant maritime qu’aérien, pour
« s’enrichir grâce aux pauvres » ; stratégie déjà testée ailleurs
par des compagnies aériennes Low-Cost comme Ryannair et Easy-Jet, avec
enrichissement rapide assuré pour les principaux actionnaires.

Alors qu’il y a une quinzaine d’années, il était
inimaginable pour quelqu’un vivant en France de partir en week-end à Londres,
Varsovie ou Barcelone, l’arrivée des compagnies comme Ryannair et Easy-Jet
« a littéralement bouleversé le marché aérien Européen sur les liaisons
coutes et moyennes distances. L’avion est soudain devenu moins cher que le
train et la voiture…. » Ici, en Nouvelle-Calédonie, les prix du billet
Air-Cal est moins cher que celui du bateau, lequel perd un peu plus chaque
semaine de la clientèle.

En 2008, pour l’Europe, selon l’Association des compagnies
aériennes Low-Cost (EL FAA) les compagnies à bas coûts ont transporté 16 % de
passagers de plus qu’en 2007 et 50 % de plus qu’en 2006.

Si par la pratique des bas coûts les patrons de Ryannair et
Easy-Jet ont pu s’enrichir rapidement, en rendant acessibles des services et
produits qui étaient auparavant inaccessibles pour les petites bourses, c’est
que d’autres paient à leurs place : les collectivités publiques, les
salariés et les organisations syndicales.

C’est, ce qui malheureusement pour le budget de la P.I.L et
les salariés, est entrain de se mettre en place dans la compagnie Air-Calédonie
domestique.

L’autre personnalité influente du collectif des usagers de
Lifou, est un commerçant qui fait fortune en vendant des produits importés
moins chers que ceux des commerçants indigènes , grâce a des avantages en
matière de fret dont il bénéficie de la part d’une compagnie maritime, avec
laquelle il est en affaire.

Au début de la mobilisation, ,à grand coup médiatique, il
avait théâtralisé son dévouement en faveur des pauvres en expliquant qu’il
vendait ses produits moins chers que les commerçants de Nouméa, et qu’il avait
crée 38 emplois en dix ans. Ce que monsieur « Robin des bois » ne dit
pas, c’est pendant la même période il a fait disparaître des magasins de tribus
avec les emplois qui leur sont liés, et également fait dégringoler le pouvoir
d’achat des agriculteurs et pêcheurs locaux qui face à la concurrence des
produits importés ne peuvent plus vendre ceux de leurs champs et du lagon. Avec
pour conséquence, l’exode des familles entières vers la ville.

Ici, comme en Europe et en France notamment, il a été
constaté que les établissements commerciaux « à bas coût » suppriment
plus d’emplois qu’ils n’en créent. Pour François d’AUBERT, ancien ministre,
député centriste, et maire de Laval « sans les trois hypermarchés qui y
sont implantés, 3 600 emplois supplémentaires pourraient être crées »
et pour l’économiste Christian JACQUIAU « La grande distribution a un
objectif. La destruction du commerce de proximité et des emplois directs et
indirects qui s’y rattachaient a été une première étape. Elle veut à présent se
substituer aux acteurs économiques traditionnels, prendre leur place et les
faire disparaître. »

De plus, vendre des produits «à bas coût » mais de
« médiocre qualité nutritive », ne va pas sans conséquence sur la
santé des consommateurs.

Publié dans la revue scientifique américaine American Journal of Clinical Nutrition
une étude de Nicole DARMON (ingénieur en recherche a l’INSERM, docteur en
nutrition et épidémiologiste) d’Adam DREWNOWSKI (professeur épidémiologiste à
l’université de Washington à Seatle, spécialiste de l’obésité), démontre une
étroite corrélation entre la qualité de l’alimentation et les catégories
socioprofessionnels (CSP) des consommateurs « les aliments aux pris les
plus bas sont également les aliments à la qualité la plus basse . »
et « les CSP les plus basses souffrent plus fréquemment de taux d’obésité
les plus élevés, de diabètes, de maladies cardio-vasculaires, ostéopose et de
certaines formes de cancer. Toutes ces maladies ont un lien direct avec le
régime alimentaire. ». D’autre études, notamment celle menée en France en
2010 par l’association « Santé environnement France » aboutissent au
même constat.

Depuis une vingtaine d’années, l’apparition et l’aggravation
des maladies allogènes tel que le diabète, les maladies cardiovasculaires, et
l’obésité obèrent le budget de la P.I.L. Ici encore, si de grands commerçants
arrivent à s’enrichir rapidement en vendant des produits à bas prix, c’est
parce que d’autres trinques à leur place : la collectivité provinciale,
les pêcheurs, agriculteurs et petits commerçants KANAK, victimes d’un génocide
économique.

En ce moment, un projet de transport maritime est en cours
de réalisation. Ses principaux responsables présumés sont le grand commerçant
de Lifou, la compagnie de navigation avec laquelle celui-ci a toujours été en
affaire et des politiques liés (toujours les mêmes) au collectif des usagers.
On peut d’ores et déjà parier, qu’il n’a pas pour objectifs : la
souveraineté alimentaire, la santé, l’autonomie de décision de nos populations
et le respect de l’identité KANAK comme reformulation permanente de la solidarité
entre les hommes.

Ces responsables savent depuis longtemps que ceux qui auront
la maîtrise des moyens de transports auront également la maîtrise des Iles. La
République bananière est déjà là.

Si la critique des Low-Cost reste discrète, de hautes personnalités
se font cependant quelquefois entendre. L’intime conviction de Madame Christine
LAGARDE, Ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi est que
« le Low-Cost, c’est mettre au service du plus grand nombre des biens de
moindre qualité qui sont produits dans des conditions dégradées. Est-ce une
solution face à la crise ? Je ne suis pas sûre que ce soit une vision de
l’avenir souhaitable, ni un modèle de développement durable. Je ne suis pas
pour plus de croissance mais  pour une
meilleure croissance. »

 

COMITE POUR LE REVEIL INDIGENE

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